« C’est un million de petites choses différentes et de mon expérience à moi et de mon instinct à moi de comment je vais faire quelque chose, c’est pas l’IA qui a créé ça, c’est “vibe codé ”car j’ai demandé à Claude Code de me le faire pour de vrai mais ça aurait pu être un prototype Figma », explique Fabien Laborie en rejoignant ici les expériences de toutes celles et ceux qui essaient vraiment l’IA. Il n’y a pas de magie du prompt.
L’IA ne change pas ce qu’est le design (ou l’écriture, la pensée, etc.), mais en redéfinit les processus d’exécution. Les designers sont peu menacés, bien moins que les développeurs, dont le métier est en danger. La créativité, le brand, le goût ne sont pas réellement accessibles à la machine et sont des compétences qui deviennent précieuses, mais (de plus en plus) seulement pour celles et ceux qui sont vraiment très bons.
La moyenne des gens produit de la qualité moyenne et ne pourra que rester dans la moyenne dans laquelle l’IA les entretiendra. Seuls les gens qui sont très bons (que ce soit pour penser, écrire, créer, faire du design, coder, etc.) vont réellement bénéficier de (et comprendre) la puissance réelle de l’IA, non pas celle promue par les discours publicitaires et les slogans, mais celle qu’on expérimente par soi-même en profondeur. L’IA est donc une invitation, lancée à tous, à devenir très bons.
Les gens qui n’ont pas les mains dedans, y compris les intellectuels qui croient avoir tout compris sans avoir rien expérimenté ou essayé, qui n’ont par exemple jamais installé ou essayé Claude Code dans un Terminal (pour toutes sortes de tâches cognitives, littéraires ou créatives sans aucun rapport avec le code) ne comprennent pas ce qui se passe.
Vibe coding ou Figma ? Telle était la question accrocheuse qui a permis d’aborder, lors du débat de ce soir au département de design de l’École de technologie supérieure, à Montréal, tous ces sujets intéressants, loin des caricatures habituelles sur la magie de l’IA. Les discussions étaient riches, subtiles et marquées par une franchise très française, haha.
J’ai particulièrement apprécié les propos de Fabien Laborie, mais également l’ensemble des échanges. Cela a été une bonne occasion de revoir Félix Faucher Díaz et aussi David Martineau et Celine Chea. Merci à tous les autres participants du débat, Damien Menn, Kimberly Wilky, CPACC, Higher Pierre et à Léo Guillon pour la belle initiative !
